

Un marché qui brille… ou qui tache ?
Ah, les marchés publics de nettoyage… Un secteur à la fois essentiel et piégeux, où un oubli dans le cahier des charges peut transformer un marché en véritable casse-tête ! Fréquences de nettoyage, consommables sanitaires, surfaces et zones à entretenir, personnel à reprendre : autant d’éléments qui, s’ils sont mal définis, peuvent mener à des conflits avec le prestataire, une exécution défaillante et même des surcoûts imprévus.
Mais alors, comment éviter les mauvaises surprises et rédiger un marché public de nettoyage efficace ? Voici les bonnes pratiques, mais aussi les erreurs à éviter pour ne pas se retrouver avec des bureaux mal nettoyés et un contrat impossible à exécuter.
Les 5 erreurs fatales d’un marché de nettoyage mal rédigé
🚨 1. Ne pas être précis sur les fréquences de nettoyage
L’une des erreurs les plus courantes dans les marchés publics de nettoyage, c’est de laisser trop de marge d’interprétation sur la fréquence des interventions.
➡ « Nettoyage régulier des bureaux et espaces communs. » ❌ Trop vague !
Ce qu’il faut faire :
✅ Précisez les fréquences par zone et par tâche. Exemple :
- Bureaux : dépoussiérage et aspiration quotidienne
- Sanitaires : nettoyage et réassort des consommables deux fois par jour
- Vitres intérieures : nettoyage mensuel
Si ce n’est pas clair, attendez-vous à voir le prestataire réduire au minimum ses prestations… et votre collectivité crouler sous les réclamations !
🚨 2. Oublier les consommables sanitaires
Papier toilette, savon, essuie-mains… On pense souvent que le prestataire va gérer automatiquement. Grave erreur !
Ce qu’il faut faire :
✅ Définissez qui fournit quoi (prestataire ou acheteur public)
✅ Indiquez des volumes estimés (exemple : 10 rouleaux/jour pour 500 agents)
✅ Précisez les marques ou niveaux de qualité attendus
Faute de précisions, certains prestataires livrent des consommables de basse qualité qui se vident en une heure et multiplient les plaintes des agents.
🚨 3. Ne pas détailler les surfaces et zones à nettoyer
Le classique : un marché qui parle de “nettoyage des locaux”, sans donner la surface exacte et les zones concernées. Résultat : des malentendus, des zones non entretenues, et des avenants qui explosent le budget.
Ce qu’il faut faire :
✅ Indiquer le nombre de m² exact par type de surface
✅ Spécifier les zones sensibles (ex. salles serveurs, laboratoires, crèches…)
✅ Si possible, fournir un plan détaillé des bâtiments
Un prestataire ne peut pas deviner la configuration des locaux. Un flou sur les surfaces, c’est une exécution bâclée garantie !
🚨 4. Oublier le personnel à reprendre
Beaucoup l’oublient, mais dans le cadre d’un marché public de nettoyage, le personnel en place peut être repris par le nouveau prestataire en application de la convention collective de la propreté.
➡ Ne pas le préciser, c’est ouvrir la porte aux litiges avec l’entreprise sortante et des négociations conflictuelles avec le nouveau prestataire.
Ce qu’il faut faire :
✅ Lister le personnel à reprendre (nombre d’agents, ancienneté, temps de travail)
✅ Joindre une fiche d’information RH dans le dossier de consultation
✅ Prévoir une phase de transition pour assurer la continuité du service
🚨 5. Négliger les contrôles et pénalités
Un marché de nettoyage mal surveillé, c’est un marché exécuté au minimum syndical. Sans contrôle ni sanctions, difficile d’exiger des prestations irréprochables.
Ce qu’il faut faire :
✅ Mettre en place des visites de contrôle régulières
✅ Préciser des indicateurs de performance (propreté visuelle, réassort des consommables, respect des horaires)
✅ Intégrer des pénalités en cas de manquements (exemple : non-respect des fréquences de nettoyage = pénalité de 50 € par jour et par local)
Le guide ultime pour un cahier des charges béton
Pour éviter ces pièges, voici une check-list des éléments indispensables à intégrer dans un CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières) :
✅ Fréquences de nettoyage précises, par tâche et par zone
✅ Type de consommables (quantités, marques, qui fournit ?)
✅ Liste des locaux et surfaces précises (m²) + plans
✅ Matériel et produits utilisés (biodégradables ? antibactériens ? normes ?)
✅ Obligations liées au personnel (reprise, formations, encadrement)
✅ Mécanismes de contrôle et de suivi de l’exécution du marché
✅ Pénalités de retard ou de mauvaise exécution
Bonnes pratiques : les clés d’un marché réussi
✔ Organiser une visite des lieux AVANT consultation pour éviter toute surprise sur les surfaces ou contraintes spécifiques
✔ Encourager les variantes techniques : certains prestataires proposent des innovations (nettoyage enzymatique, produits écologiques…)
✔ Ne pas sous-estimer l’impact environnemental : privilégier des produits labellisés et des pratiques durables
Le tableau indispensable pour un marché de nettoyage bien cadré
Lors de la rédaction du CCTP, il est fortement recommandé d’établir un tableau récapitulatif des prestations attendues. Ce document permet :
✔ D’avoir une vision claire et synthétique des surfaces et tâches à réaliser
✔ D’éviter toute interprétation erronée par le prestataire
✔ De faciliter le suivi et le contrôle de l’exécution du marché
Exemple de tableau Excel pour un marché public de nettoyage
Zone / Local | Superficie (m²) | Fréquence de nettoyage | Tâches à réaliser | Consommables fournis par… |
---|---|---|---|---|
Bureaux individuels | 200 m² | Quotidienne | Aspiration, dépoussiérage, vidage corbeilles | Prestataire |
Open-space | 500 m² | Quotidienne | Aspiration, nettoyage des surfaces | Prestataire |
Salle de réunion | 100 m² | 3 fois / semaine | Nettoyage des tables et chaises, aspiration | Prestataire |
Sanitaires | 50 m² (5 WC) | 2 fois / jour | Nettoyage complet, réassort papier, savon | Collectivité |
Escaliers | 120 m² | 2 fois / semaine | Aspiration et lavage | Prestataire |
Cuisine / Réfectoire | 80 m² | Quotidienne | Nettoyage des plans de travail, tables, sols | Collectivité |
Accueil / Hall | 150 m² | Quotidienne | Lavage des sols, dépoussiérage, vitres | Prestataire |
Vitres extérieures | 200 m² | Mensuelle | Lavage avec produits adaptés | Prestataire |
📥 Pourquoi fournir ce tableau en annexe du marché ?
💡 Clarité pour les soumissionnaires → Le prestataire peut évaluer précisément la charge de travail et ajuster son offre en conséquence.
📏 Facilité d’évaluation des offres → Un document normalisé permet de comparer plus facilement les offres reçues.
✅ Suivi et contrôle plus efficaces → Pendant l’exécution du marché, ce tableau sert de référence pour les contrôles qualité et les pénalités éventuelles en cas de non-respect des prestations.
En conclusion : un marché exigeant mais essentiel
Les marchés publics de nettoyage ne tolèrent pas l’approximation. Un cahier des charges précis, détaillé et rigoureux est la clé d’un service bien exécuté, sans conflit et dans le respect des deniers publics.
Acheteurs publics, à vos CCTP !
➡️Pour aller plus loin !
Guide de l’achat public durable – Achats de produits, matériel et prestations de nettoyage : Élaboré par le Groupe d’Étude des Marchés Développement Durable (GEM-DD), ce guide détaille les bonnes pratiques pour intégrer des critères environnementaux et sociaux dans vos marchés de nettoyage. Il couvre notamment la définition des besoins, la rédaction des clauses techniques et la sélection des prestataires.
Guide du nettoyage des locaux – n°5719 : Publié par l’Observatoire Économique de l’Achat Public (OEAP), ce document fournit une méthodologie pour élaborer un cahier des clauses techniques de nettoyage. Il aborde la composition du dossier d’appel d’offres, la sélection des entreprises et le choix du mieux-disant.
En l’absence de publications plus récentes dédiées aux marchés publics de nettoyage, il est recommandé de combiner les directives du guide de 2009 avec les mises à jour législatives et réglementaires actuelles, ainsi que les bonnes pratiques issues de retours d’expérience, pour élaborer des cahiers des charges adaptés aux exigences contemporaines.
Consultez notre blog juridique des marchés publics et retouvez en détails toutes nos dernières actualités !
